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北北:总之还要住下去

作者:北北    文章来历:本站首创    点击数:    更新时刻:2013-9-16

雅虎排名 www.vicvinc.cn  北北  《总之还要住下去》
Bei Bei  « Laisser la vie suivre son cours »

par Brigitte Duzan, 9 mai 2010

Introduction

Voilà une nouvelle qui nous dépeint la Chine de la crise, cela vaut bien un détour. Qui plus est, c’est la crise vue du bas fond de la ville, du côté des petits, des sans grade, de ceux dont on dit qu’ils sont laissés pour compte, et qui l’ont toujours été. Enfin, originalité notable, l’histoire se situe dans le sud-est de la Chine, dans cette ville côtière de Fuzhou dont sont partis tant de migrants chinois fuyant la misère, à la recherche d’un problématique eldorado.

C’est l’histoire apparemment simple de personnages simples : une gamine de seize ans envoyée en ville par ses parents gagner quelques yuans pour les aider à survivre, en d’autres temps on l’aurait mariée, on ne sait pas si c’est un progrès ; elle est engagée par une « patronne » d’un salon de coiffure qui fait bien autre chose que des shampoings, et se lie d’amitié avec un jeune ouvrier qu’elle entreprend d’aider parce qu’il vient du même bled qu’elle, et qu’elle a la naïveté de croire que ces liens-là sont encore sacrés.


De l’autre côté sont les « clients » : un bien gras, bedaine en avant, qui fait des affaires juteuses dans

l’immobilier de luxe, et un autre tout petit, passeur de travailleurs migrants, autour duquel se trame le peu

d’intrigue que recèle l’histoire. Car l’essentiel n’est pas dans ce qui se passe mais dans ce qui est : dans les relations entre ces personnages dont la description est réduite à l’essentiel comme dans les portraits de la Bruyère, le tout écrit dans une langue très colorée qui rend palpables et le froid et la pluie et la rougeur au front d’un personnage. L’histoire, cependant, recèle suffisamment d’intensité dramatique, bâtie tout doucement, par fines touches et allusions, pour ménager in fine une chute qui serre le cœur. 


On en garde l’impression d’un tableau de Brueghel, celui dont on a dit qu’il peignait les

« figures de ce monde qui passe », et nous a laissé les images d’une comédie humaine finalement pas tellement différente, à des siècles et des lieues de distance, les mêmes causes produisant les mêmes effets, surtout chez les pauvres. On ne peut s’empêcher de penser au fameux ‘Pays de cocagne’ qu’il a peint lorsque
    

Le pays de cocagne, de Brueghel


Bei Bei évoque les rêves des travailleurs migrants, attirés loin de chez eux par une illusion bien semblable.

 

Finalement, la sagesse n’est-elle pas plutôt de « laisser la vie suivre son cours » ?

 

北北  《总之还要住下去》

Bei Bei  « Laisser la vie suivre son cours »

 

    一

 

    顺子看看窗外,窗外的雨曾经下了三天三夜。

    三天前德仔来找顺子,一根手指头锥子同样1直顶到她鼻尖上。你你你,把钱还我!德仔的脸涨得通红,反衬之下2,顺子的脸就白得像个死人。

 

    顺子跟德仔是老乡,都是从闽北山区来的3,然而从前顺子其实不意识德仔。顺子早德仔半年来到福州,有一天,常来店里洗头的蔡店主把一个文件忘在工地4,就打手机叫人送来,此人那是德仔。当时德仔谈话不像如今这么高声,心情也没这么凶。蔡店主说,顺子,此人也是你们闽北的。顺子扭过甚,冲德仔点允许,还把沾满洗发精泡沫的手重轻举了举,算是打过号召了5。德仔脸一红,满身重新发到脚丫都有动一动的动机6,最后仍是不清楚该怎样动,站在那边,像站在一块烧得通红的铁板上。顺子不由得卟哧笑起7,蔡店主也笑。蔡店主说,刚来我工地没几天,厚道人8。

 

    厥后,德仔来找顺子,说如今住的屋子太贵,要顺子帮他租个廉价点的。顺子一口就容许了,瞅着9店里没甚么主人,找着上茅厕或许买快餐的托言,溜进阁下的关尾街10,租下仅放得下一个小床铺的楼梯间11,月房钱30元。德仔对这件事感激涕零12,一连称谢。顺子摆摆手,说这么虚心干甚么?老乡嘛,该当的。

 

    德仔第二天就搬来了,薄薄13的一卷被子,两件换洗的旧衣裳14,那是这些,连脸盆杯子都没有。顺子问了问,晓得德仔本年二十,比本人大四岁,家在更偏远的山沟沟中15,未免就有些怜悯他,回身到外面买回再生16塑料制成的脸盆杯子。德仔挺难为情,推推搡搡17的不承受,顺子说,算我借你的还不可吗?德仔愣神半晌18,点下头,说,好吧,借的。而后又说,顺子,你为何要干谁人活呢19?

 

    顺子像被针刺着了,脸上一会儿全变了。你你你不要认为我干了甚么!顺子说,我在洗头店甚么也没干啊,我是明净的。

    德仔笑笑,没再说甚么。顺子却感觉这比说了甚么还让她难熬难过。

    顺子的店主叫芳姐。顺子刚到店里时芳姐跟她说好了洗一个头她得一元钱,芳姐得九元钱,其他的由芳姐管吃管住。

 

    店里除了芳姐外,另有阿华和阿玲两小我。她们三个租了一套屋子,芳姐住一间,阿华阿玲住一间,是芳姐出钱租下的。顺子来了后,芳姐让阿华阿玲挤一挤,腾出20一个位子给顺子。阿华倒好谈话,阿玲却痛苦,嘀嘀咕咕21说了一阵,顺子全当没闻声。然而当天早晨,顺子就不想住这里了。

 

上班的时分,各人手上都有活,明显都是老主顾了,跟阿华阿玲打打闹闹的,模样很亲近。而后,阿华跟谁人汉子走了,一下子阿玲也跟另外一个汉子走了。顺子感觉店里一会儿少了两小我,挺冷落的,就问:她们去那里了?芳姐眉头扭起来,低声喝道22:多嘴!这时夜曾经深了,顺子看看钟,十一点。店里再没有主人来,芳姐打了个大欠伸23,说,你把店里的货色拾掇拾掇,过会儿就归去睡吧,我先走了。

 

    芳姐走后,顺子开端扫地擦桌洗毛巾。这些活本来是阿玲干的,顺子一来,阿玲就说如今该你做了。顺子就像鸡啄米24同样点着头,脸上都是笑。她喜爱做这些事,这些事比起下地插秧割稻米25,几乎是天上地上26,顺子还能不喜爱?她把地扫了一次又一次,桌擦了一遍又一遍,一根头发丝都不让留住。而后,她关闭店门,往关尾街走去。芳姐的屋子租在关尾街。

 

    门是关着的,顺子不清楚有人在外头,她取出钥匙,拧了好一阵27没开。是顺子吗?阿华在外头问。顺子说是啊,你开门。门过一阵才开,顺子一出来吓了一跳:有两个汉子正从床上起来,慢吞吞28衣着衣物,一边斜眼看顺子29。顺子想了想,忽然明确过去,脸一会儿涨得通红。她说,我我我不清楚。说着就要往外走,却被阿华拦住,阿华说,没事,他们该走了。顺子心嘭嘭跳得山响30,这一夜她都没睡着。

 

    第二天顺子下楼时,通过楼梯间,愣住脚看了好一会。她跟芳姐说,我搬进来住,我住楼下谁人楼梯间。芳姐歪着脑壳瞥她一眼31,不吱声32。顺子说,我本人出钱租。芳姐这才冷冷地说,不可,本人出钱租也不可。

    顺子帮德仔把楼梯间租下,德仔住在这里,她内心一会儿有种太平感33。

 

    德仔在蔡店主的工地唱工,建的是初级居处楼34。天天一大早,德仔就收工了,早晨回去后也是倒头就睡,顺子实在很少看到德仔。高低楼时,顺子会留意看看那边,楼梯间也有门,但门历来不上锁,大开着,阐明德仔进来了,虚掩着35,阐明德仔在外头睡觉。

 

    蔡店主常到店里洗头,他说工地脏,处处是土,洗洗好睡。蔡店主一来,芳姐就独特高兴,说着说着就笑,笑得咯咯响36。蔡店主说,芳姐啊,这个顺子挺嫩的嘛37。芳姐在他头上拍拍,说,蔡店主,她还小啊,你别迫害她38。

 

    看得进去芳姐很喜爱蔡店主,但蔡店主除了喜爱她,仿佛也喜爱阿华和阿玲。早晨躺下睡觉时,阿华和阿玲提及蔡店主,俩人揣测39蔡店主终究有几多钱。阿华说,我看一百万总有吧?阿玲不认为然40,说,才一百万?我看一万万都不止41。

 

    顺子吓一跳,她不清楚一小我竟然可以有这么多钱。一包盐才几多钱?一块多吧,她也不知几多次看到母亲买不起盐气得把父亲的十八代祖先一路骂上去。若是是一百万,若是是一万万,真不知能买几多包盐啊。她很想把这句话说进去,但眼皮曾经不听使唤地耷拉上去了42。第二天早晨顺子放工回去时碰着德仔,德仔昨天凑巧也是十一点多出工43,正端着一盆水冲脚,水是通明无色的,但从他脚上再流走时,却酿成了土黄色,在灯下闪出幽光44。顺子凑过来45,很艳羡地说46,德仔,你在一个大店主部下干活??!德仔精疲力竭地说47,那又怎么样。顺子说,那你就能够多赢利了呗。

德仔说,做梦。而后回身进了楼梯间,虚掩起门。

 

Personnages :

 

顺子 Shùnzi (employée d’un salon de coiffure, seize ans) ; 德仔 Dézǎi (jeune migrant, vingt ans) ;   

芳姐 Fāngjiě la patronne du salon de coiffure ; 阿华/阿玲Ahuá/Alíng  deux autres employées

蔡店主Cài Lǎobǎn / 辉哥Huī Gē : deux clients

 

Vocabulaire (1) :

 

01 锥子    zhuīzi       poinçon, alène

02 反衬    fǎnchèn  contraster, ressortir par contraste

03 闽北山区 Mǐnběi shānqū  la zone montagneuse de Minbei, c’est-à-dire la région de Nanping, au nord-ouest de la province du Fujian ( 南平市位于福建省北部 ,通称闽北), où se trouve la chaîne montagneuse de Wuyi (武夷山脉) ; 闽Mǐn est l’ancien nom de la province, et désigne la langue qui y est parlée, 闽北désignant celle qui est parlée dans la région de Nanping. Bei Bei situe souvent ses nouvelles dans cette région.

04 工地    gōngdì  chantier

05 打号召  dǎ zhāohu  saluer

06 脚丫    jiǎoyā  pied    动机 niàntou  idée

07 卟哧笑起 bǔchī xiàoqǐ   pouffer de rire

08 诚实    lǎoshi  honnête, droit – qui se conduit bien

09 瞅      chǒu  regarder

10 溜进    liūjìn  se glisser dans        关尾街guānwěijiē  nom de rue

11 床铺    chuángpù  lit/literie         楼梯间lóutī jiān  cage d’escalier

12 感激涕零 gǎnjībújìn  infiniment reconnaissant

13 薄薄 báobáo  fin, léger

14 换洗    huànxǐ   litt. changer et laver, d’où换洗衣裳huànxǐ yīshang  vêtements de rechange

15 偏远    piānpì  éloigné, reculé     山沟 shāngōu  ravine

16 再生    zàishēng  recyclé

17 推搡    tuīsǎng  repousser

18 愣神    lèngshén  regarder droit devant soi, le regard fixe  半晌 piànkè  un instant

19 干活    gànhuó  travailler, faire un travail

20 腾出    tèngchū  libérer du temps ou faire de la place

21 嘀嘀咕咕 dídígūgū  marmonner, grogner

22 喝道    hèdào  crier très fort (jadis pour écarter les gens sur le passage d’un personnage officiel)

     低声       dīshēng  à mi-voix  多嘴duōzuǐ  être bavard, ne pas savoir se taire

23 打欠伸  dǎ hēqiàn  bâiller

24 啄米     zhuómǐ     picorer du riz

25 插秧    chāyāng  repiquer les plants de riz 割稻gēdào  couper le riz

26 天上地上 tiānshàng dìshàng  regarder la terre d’en haut, du ciel (d’avion), opposé à 下地 xiàdì  aller travailler dans les champs – symbolise la libération du travail de la terre.

27 拧      nǐng  tourner (钥匙 yàoshi la clef)

28慢吞吞   mànyōuyōu  sans se presser, en prenant son temps

29 斜眼    xiéyǎn  loucher        斜眼看xiéyǎnkàn  regarder à la dérobée

30 心嘭嘭跳 xīn pēngpēng tiào  avoir le cœur qui bat très fort  山响shānxiǎng assourdissant

31 歪脑壳  wāi nǎodài  incliner la tête      瞥..一眼piē … yìyǎn  jeter un coup d’œil

32不吱声   bùzīshēng  ne pas dire un mot

33 太平    āndìng  calme, tranquille (calme assuré par la stabilité)

34 居处楼  zhùzháilóu  immeuble d’habitation  初级gāojí  de luxe

35 虚掩    xūyǎn  entrebâillé, entr’ouvert

36 咯咯(笑) gēgē (xiào)  rire bêtement (en gloussant)

37 嫩      nèn  tendre, délicat (comme un bourgeon, une fleur non éclose) /inexpérimenté, novice

38 迫害    dúhài  empoisonner/pervertir, corrompre

39 揣测    tuīcè   conjecturer, essayer de deviner

40 不认为然    bùyǐwéirán  désapprouver, ne pas être d’accord

41 不止    bùzhǐ  plus de

42 不听使唤 bùtīng shǐhuan  ne pas écouter les ordres, ne pas obéir

     眼皮...耷拉  yǎnpí dālā  avoir les yeux qui tombent

43 凑巧 qiàqiǎo  par un heureux hasard      出工shōugōng  finir de travailler

44 闪出幽光 shǎnchū yōuguāng  briller d’un éclat sombre

45 凑      còu  ici : approcher

46 艳羡 xiànmù  envier

47 精疲力竭地  yǒuqìwúlìde   d’une voix faible, éteinte

 

Traduction (1)

 

Shunzi jeta un coup d’œil par la fenêtre, cela faisait trois jours qu’il pleuvait sans arrêt.

Trois jours auparavant, Dezai était venu la voir et lui avait pointé un index acéré comme une vrille pile sous le bout du nez : tu tu tu, tu vas me rendre mon argent ! Il était écarlate, et, par contraste, Shunzi semblait pâle comme un mort.

 

la région de Minbei

 
    

Shunzi venait du même coin que Dezai, de la région de Minbei, mais elle ne le connaissait pas avant d’arriver à Fuzhou. Elle y était arrivée six mois avant lui, un an auparavant ; un jour, un chef d’entreprise nommé Cai, qui venait souvent se faire laver les cheveux au salon de coiffure, se rendant compte qu’il avait oublié un dossier sur son chantier, passa un coup de fil pour qu’on le lui apportât, et c’est Dezai qui l’apporta. Ce n’était pas quelqu’un qui faisait beaucoup de bruit, à l’époque, il n’avait pas l’air

féroce, comme maintenant. Cai lui apprit que ce Dezai était de Minbei, comme elle. Shunzi se retourna pour lui faire quelques rapides signes de la tête, en levant légèrement une main couverte de mousse de shampoing en guise de salut. Dezai rougit, pétrifié des pieds à la tête malgré son désir de répondre en bougeant à son tour quelque chose, mais sans trop savoir quoi ni comment, restant là, finalement, comme planté sur une plaque de métal chauffée au rouge. Shunzi ne put s’empêcher de pouffer de rire ; riant lui aussi, Cai expliqua qu’il n’était là que depuis quelques jours, mais que c’était quelqu’un de sérieux.

 

Dezai vint ensuite voir Shunzi pour qu’elle l’aide à trouver une chambre meilleur marché, son loyer étant trop cher pour lui. Shunzi accepta, et, voyant qu’il n’y avait personne dans la boutique, prétexta un quelconque besoin d’aller aux toilettes ou de s’acheter quelque chose à manger pour sortir ; elle lui trouva une alcôve sous une cage d’escalier, juste de quoi mettre un lit, pour trente yuans par mois. Dezai, infiniment reconnaissant, se confondit en remerciements. Mais Shunzi lui dit en agitant les mains : ce n’est pas la peine de me remercier, on est pays, non ? Alors c’est normal.

 

Dezai déménagea le lendemain ; il n’avait en tout et pour tout qu’une couverture miteuse et deux lots de vieux vêtements de rechange complètement délavés, rien d’autre, pas même une cuvette ou une tasse. Shunzi s’était renseignée ; elle avait appris qu’il avait vingt ans, soit quatre ans de plus qu’elle, et qu’il venait d’un coin encore plus paumé, un trou perdu dans la montagne, elle ne pouvait que compatir ; alors, elle alla illico lui acheter une tasse et une cuvette en plastique recyclé. Dezai, extrêmement embarrassé, voulut refuser, mais Shunzi lui dit : disons que je t’avance l’argent, ça va comme ça ? Dezai resta un instant les yeux dans le vague, puis opina de la tête : d’accord pour que tu me l’avances. Puis il ajouta : Shunzi, pourquoi tu fais ce boulot ?

 

Shunzi se rembrunit instantanément, comme piquée au vif. Mais mais, bafouilla-t-elle, faut pas que tu croies, je fais rien de mal ! Je suis là pour laver les cheveux, c’est tout.

Dezai se mit à rire, mais n’ajouta rien. Shunzi, cependant, trouva son rire bien pire que s’il avait dit quelque chose.

 

Sa patronne s’appelait Fang. Quand elle l’avait embauchée, elle lui avait dit : pour chaque shampoing, il y aura un yuan pour toi, et neuf pour moi ; et là-dessus, elle payait la nourriture et le loyer. Il y avait deux autres filles qui travaillaient avec elle, Ahua et Aling, et, à elles trois, elles louaient un deux-pièces,  Fang en occupant une, Ahua et Aling l’autre, mais c’était Fang qui payait le loyer. Quand elle embaucha Shunzi, elle demanda aux deux autres de se serrer un peu pour lui faire de la place. Ahua s’exécuta sans problème, Aling, en revanche, exprima son mécontentement en râlant un bon bout de temps, sans que Shunzi parvînt à entendre tout ce qu’elle marmonnait. Cela la dissuada, cependant, de rester là.

 

Quand elle arriva dans la boutique, le premier jour, tout le monde était très occupé ; il y avait là des clients qui, de toute évidence, étaient de vieux habitués et plaisantaient bruyamment avec Ahua et Aling, sur un ton très familier. Puis Ahua sortit avec l’un d’eux, et, un instant plus tard, Aling sortit à son tour avec un autre. Shunzi trouva que, sans elles, la boutique n’avait plus du tout la même ambiance, alors elle demanda : elles sont parties où ? Fang fronça les sourcils et lui lança à voix basse : boucle la ! Il faisait déjà nuit noire ; Shunzi regarda sa montre et vit qu’il était onze heures. A cette heure-là, il ne viendrait plus personne ; Fang bâilla à s’en décrocher la mâchoire et lui dit : range les affaires, quand tu auras fini tu pourras rentrer te coucher, moi j’y vais.

 

Quand elle fut partie, Shunzi se mit à balayer, à astiquer les tables et laver les serviettes. C’était le travail

d’Aling, auparavant, mais, quand Shunzi était arrivée, elle lui avait dit : c’est à toi de le faire, maintenant. Et Shunzi, tout sourire, avait opiné du chef, comme une poule picorant du grain. Elle aimait ce travail,

c’était nettement mieux que de travailler dans les champs à repiquer le riz ou le couper, c’était tout simplement comme survoler la terre de haut, alors comment aurait-elle pu ne pas être contente ? Elle balaya et rebalaya, astiqua et réastiqua les tables, jusqu’à ce qu’il ne restât plus la moindre trace de cheveux. Puis, fermant la porte, elle sortit. Le deux-pièces que louait Fang était dans la même rue que la boutique.

 

La porte de la chambre était fermée ; ne sachant pas s’il y avait quelqu’un, Shunzi sortit sa clef mais la tourna en vain dans la serrure, impossible d’ouvrir. C’est toi, Shunzi ? demanda Aling de l’intérieur. Oui, c’est moi, dit Shunzi, ouvre-moi ! La porte ne s’ouvrit qu’au bout d’un moment, et Shunzi eut un choc en entrant : il y avait là deux hommes en train de sortir du lit, s’habillant sans se presser tout en regardant Shunzi du coin de l’œil. Celle-ci, en y réfléchissant, comprit brusquement ce dont il était question, et devint rouge comme une pivoine. Elle bafouilla : jejeje ne savais pas. Sur quoi elle fit mine de ressortir, mais Ahua la retint en lui disant : fais pas attention, ils s’en vont. Shunzi avait le cœur qui battait la chamade, et ne put fermer l’œil de la nuit.

 

Le lendemain, en descendant, elle passa devant l’alcôve en bas de l’escalier, et s’arrêta un instant pour bien la regarder. Elle dit ensuite à sa patronne qu’elle allait déménager, et prendre cette alcôve sous

l’escalier. Fang inclina la tête et lui lança un regard de biais, mais sans rien dire. Shunzi ajouta : je paierai moi-même le loyer. Fang lui dit alors froidement : pas question, il est hors de question que tu paies un loyer. Lorsque, ensuite, Shunzi aida Dezai à la louer et que celui-ci y fut installé, elle ressentit en elle-même comme un calme soudain.

 

Dezai travaillait sur un chantier de construction d’un immeuble d’habitation de luxe. Il partait travailler tous les matins très tôt, et quand il rentrait le soir, c’était pour se coucher et dormir, Shunzi ne le voyait donc que rarement. Quand elle passait en bas de l’escalier, soit pour monter soit en descendant, elle jetait toujours un coup d’œil à l’alcôve ; il y avait bien une porte, mais elle n’était jamais complètement fermée ; si elle était ouverte, c’est que Dezai était sorti, si elle était entrebâillée, c’est qu’il était là et qu’il dormait.

 

Son patron, Cai, venait souvent se faire laver les cheveux, il disait qu’il y avait de la poussière partout sur le chantier, que c’était très sale, et qu’il fallait se laver soigneusement pour bien dormir. Dès qu’il arrivait, la patronne, toute contente, n’arrêtait pas de parler et de rire aux éclats. Cai disait : dis-moi un peu, Fang, cette Shunzi est vraiment adorable. Et elle lui répondait : elle est encore toute jeune, Cai, ne me la pourris pas.

 

Il était évident que Fang aimait beaucoup le patron Cai, mais lui, s’il l’aimait bien aussi, il semblait avoir également un faible pour Ahua et Aling. Un soir, une fois couchées, alors qu’elles parlaient de lui, toutes les deux, en essayant de deviner combien il pouvait bien avoir d’argent, Ahua dit : moi je pense qu’il doit avoir un million de yuans, et toi ? Aling n’était pas d’accord : un million seulement ? moi je dirais dix millions, au moins.

 

Shunzi en fut estomaquée, elle n’imaginait pas qu’un seul homme pût avoir autant d’argent. Un paquet de sel, ça coûte combien ? Un yuan et des poussières, et pourtant combien de fois sa mère, furieuse, n’avait-elle pas envoyé son père au diable, et ses ancêtres avec jusqu’à la énième génération, parce qu’elle n’avait pas de quoi en acheter ? Avec un million de yuans, voire dix millions, savoir combien on pouvait acheter de paquets de sel. Elle faillit ouvrir la bouche pour le dire, mais ses paupières ne lui obéissaient déjà plus et elle sentit ses yeux se fermer.

 

Le lendemain soir, en rentrant du travail, elle tomba sur Dezai qui, par un heureux hasard, ce jour-là, avait aussi terminé à onze heures ; il se lavait les pieds en les aspergeant avec l’eau d’une cuvette, et celle-ci, transparente au départ, se teintait, en s’écoulant de ses pieds, d’un jaune couleur de terre qui brillait d’un éclat sombre à la lueur de la lampe. Shunzi s’approcha et lui dit d’un ton admiratif : Dezai, dis donc, ce n’est pas n’importe qui, ton patron ! Et comment ça ?  lui demanda Dezai d’un air indifférent. Avec un patron comme ça, répondit Shunzi, tu peux gagner plein d’argent !

Tu rêves ! lui dit Dezai. Puis il tourna les talons et rentra dans son alcôve, en laissant la porte entr’ouverte.

 

 

    二

 

    到芳姐店里干活之前,顺子历来没有给人洗过甚。她真稀罕1,城里人竟然连头都要费钱洗。她分开家,先是走路,接着坐汽车又坐火车,而后就到了福州。据说大都会好赢利,她父亲就让她来了。家里的屋子正本有三间,客岁底被大水2冲掉了两间,一家五口人就挤在剩下的那一小间内,父亲掐着指头算了半天3,也无法澄清何时能把房建上,叹口吻,就希望4顺子去赢利寄回了。顺子榜首次外出,在福州走来走去,不知钱放在那里。通过芳姐剃头店时,芳姐正站在门外嗑瓜子5。顺子问你们这里需求人帮助吗?芳姐高低端详她,问你想来?顺子拍板。芳姐说,你会甚么?顺子往内里看,隔着玻璃阿华阿玲正悬动手往主人头上一下一下地抓着,顺子就说,我会抓头。芳姐一愣,笑起来,说,好吧,你来吧。

 

    店里白昼没甚么主人,繁华的是早晨,早晨汉子人山人海地来。芳姐做了个树模6,该当如许如许。顺子看明确了,洗头其实不难,在主人头上这里抓抓那边压压,抓干脆压舒适了7就行。芳姐问她你想赢利吗?顺子说想。芳姐说,你想多赚些钱吗?顺子说想。芳姐说,你想赚许多许多钱吗?顺子没听明确,她晃着头,难为情了一阵8,而后说,我母亲交接了9,店主给几多钱就收几多钱,不克不及太贪婪的10。芳姐摸摸她的头,说,那你先做吧,洗个头十块钱,给你一元。

 

    顺子很快乐。炎天收稻时11,父亲给人帮工,在太阳底下晒一终日,也就得五元人为。而她如许躲在屋里,不吹风不淋雨另有空调吹着,只需在人家头上抓抓搔搔12,就能够得一元钱,真的很好。有买卖的时分,顺子一天能够洗八九个头,也就能够得八九块钱..。顺子感觉芳姐固然性情欠好,但心眼儿好13。她看阿华阿玲偶然低声骂芳姐,很迷惑,她说,芳姐替咱们出房租,还管着三顿饭,她很慷慨的14。阿玲嘴一撇15,说,痴人啊你16,她从咱们身上赚走的不知多几多!

 

    阿华和阿玲都是朔方人,个子高高峻大的,有着葱白17似的肌肤,透着斑斑红晕18,顺子又黑又瘦又矮 [...]

 

    一个月做完后,芳姐递给了顺子一百八十五元钱。顺子悄悄记了个帐,她感觉该当有两百六十一块钱,但芳姐只给一百八十五,她也就算了。上午拿了钱,午时她就去了邮局,汇一百五十元回家,她想父亲正等着钱。阿玲问她,一百五十块钱能做甚么?

    顺子说一百五十块钱够咱们家过整整三个月。咱们家还要攒钱盖屋子哩19。

    阿玲说,就你?就这钱?盖屋子?

 

    顺子晓得阿玲阿华有钱,她们一件件新衣物一直买,一回身不要了,就送给顺子。顺子说我不要你们的货色。阿玲很奇异,说,咱们的货色都不要,那你要谁的货色?

    顺子说,我要本人的货色。

    阿玲转头望望阿华,又指着顺子说,这小我是否是有缺点???

    阿华说,你说有就有。

 

    顺子内心很惆怅,她感觉阿华阿玲都有点看不起她。这也难怪20,她们都比她大度,也比她时尚21。福州和闽北间隔这么近,而阿华和阿玲家却在千里以外,觉得上倒像顺子是外省人了。顺子对德仔说,你住在这里真好,你住在这里真是好极了!德仔伸个懒腰22,边往外走边说,累死我了,这那里是人过的日子啊。顺子叫:德仔。德仔站住,回过甚来问:甚么事?顺子想了想,感觉另有话要说,一时又不知本人要说甚么,就笑笑。

 

    曾经年末了,但福州的气候很奇异,要热起来,还像初秋似的,穿一件薄薄的针织衫23就行。忽然一冷,又冷得天上地上就像个大冰窟24,风吱吱地刮着,蛇同样哧溜25爬出骨头深处。顺子从家里进去时,恰是冬季,小小的负担里只草草裹了两件短袖26。天冷了,顺子只好到夜市买了几件寒衣,不是一次性地买27,而是冷一点,买一件,再冷一点,再买一件,有些像被气候逼得一步步撤退的滋味。芳姐说,归正也是买,顺子你不如一会儿买回算了,省得冻成如许了才跑夜市。顺子摇点头,说,我没钱。

 

    芳姐靠到椅子上,两条腿悠悠晃着。店里这会儿只剩下两小我,阿华和阿玲都被主人带进来了。她们喜爱被人带去,到外面又有吃又有玩还能多挣钱。芳姐说,顺子,你艳羡不艳羡阿华阿玲???

    顺子说,不艳羡。

    芳姐说,你看她们活很多好。

    顺子说,我感觉欠好。

    芳姐说,有甚么欠好?

    顺子说,那是欠好。

    芳姐说,我做人有分寸28,我不会逼人做不肯意做的事。不外,姑娘嘛,也那是

那末回事,能赢利不去赚,就傻了。

    顺子抿起嘴,很执著的模样29。顺子在内心说,我不傻。

 

    从前芳姐跟阿华阿玲同样,这是顺子听来的。芳姐干了几年,挣了一些钱,就本人开店当店主。如今芳姐也不是彻底登陆了30,若是有人找芳姐,开出好价格,芳姐也违心。但芳姐年岁上了三十,脸上有了皱纹,肯出大钱的汉子曾经很少,芳姐又不肯低落身价31,就算了。归正蜜斯各处都是,而芳姐也不愁那一些钱了32。不外芳姐对蔡店主是破例的,蔡店主偶然把芳姐带进来,或许就在芳姐的房间里,据说蔡店主都不怎样给钱,反而是芳姐昨天买这个来日诰日买谁人送给蔡店主。

 

    阿华和阿玲洗一个头得三块钱,顺子做满三个月后,手工曾经很纯熟了33,芳姐就说能够给她加到每一个头两块钱,但说归说,说过以后,芳姐却没有给她钱。阿华有些看不外去34,对顺子说:你向她提进去嘛,你不说,她装死不给你35。这件事让顺子内心挺不舒适的,她很想多挣钱,多挣了,就能多寄回家。但是讨钱的话如同会烧她的舌头,每次刚汇集到嘴里,即刻就烫得她连忙咽下去了36。

    德仔说,你呀,被人骗死了,仍是呆呆站着!店主的心都是黑的,你不争白不争。

 

    顺子看看德仔,感觉他有些怄气。德仔不常怄气,但他也不??炖?。天天他的衣物都是脏的,神色都是青青的。三顿饭中,德仔有两顿是吃蔡店主的,都是快餐37,一盒米饭两三样青菜,而早上,德仔舍不得费钱38,就省下了。顺子想德仔挺不幸的,德仔比她不幸,跟德仔一比,她吃的要好一些,住的也好,还不怎样花力量39,那是少挣一些钱又有甚么联系呢,算了,别说了,说了芳姐痛苦。这么一想,顺子就把这件事放下了。她跟德仔相同,她脸上天天都是笑眯眯的40,仿佛一肚子是丧事41,乐也乐不完。

 

    有几个主人来店里时,特地点顺子洗头,他们说,这丫头42心爱。

    蔡店主也喜爱让顺子洗头。蔡店主从前每次来都是芳姐亲身洗,但有一次蔡店主来时,芳姐手上正有主人,顺子就替蔡店主洗。洗过以后,蔡店主就只有顺子洗了。

 

    芳姐嘴上没说甚么,但脸上却挂不住43,蔡店主一走,就生着办法骂骂咧咧的出气44。顺子刚开端没明确怎样回事,不清楚本人做错了甚么。早晨回宿舍睡觉时,她向阿玲叨教45,她说,阿玲,芳姐怎样了?

    阿玲说,你究竟是真不懂仍是假不懂???

    顺子老诚实实地说,真不懂。

    阿玲说,那老母猪要找个窝,她怕你占了窝,傻瓜!

 

    这句话顺子仍是听不懂,但她看阿玲仿佛有些不耐心了,便闭了口,本人细细左想右想。第二天,她终究影影绰绰地晓得个大略了,就跟芳姐说,芳姐,当前我不给蔡店主洗头了。

    芳姐似笑非笑地咧咧嘴,说,这事由不得你46,这事得听蔡店主的。

顺子垂头想一想,感觉也是,蔡店主叫她洗她能不洗吗?蔡店主出钱,蔡店主是主人,芳姐本人就说过主人那是天主,咱们能够获咎47祖先十八代,但不克不及获咎主人。

 

Vocabulaire (2) :

 

01 稀罕    xīqí  rare, nouveau, singulier…

02 大水    hóngshuǐ  inondation, crue

03 掐算    qiāsuàn  compter sur ses doigts

04希望     zhǐwàng  compter sur

05 嗑瓜子  kè guāzi  croquer des graines de pastèque

06 做个树模 zuò ge shìfàn  faire une démonstration

07干脆     tòngkuài  à cœur joie, tout son content

08 难为情  nánwéiqíng  se sentir embarrassé

09 交接    jiāodài  expliquer / donner des instructions, recommander

10 贪婪    tānxīn  être avide, rapace, cupide

11 收稻    shōudào  récolter le riz

12 搔      sāo  gratter

13 心眼儿  xīnyǎnr  cœur / intentions

14 慷慨    dàfāng   généreux

15撇嘴     piězuǐ  tordre la bouche, faire la moue

16 痴人    báichī  idiot

17 葱白    cōngbái  blanc verdâtre (comme une pousse d’oignon)

18 斑斑 红晕   bānbān hóngyùn couvert de rougeurs  (斑bān tache)

19 攒钱    zǎnqián économiser, mettre de l’argent de côté    盖屋子gàifángzi construire une maison

20 惆怅/难怪   nánguò/nánguài  triste, affligée / pas étonnant, compréhensible

21 时尚    shímào  à la mode

22 伸懒腰  shēnlǎnyāo  s’étirer, paresseusement

23 针织衫  zhēnzhīshān  pull, tricot  (针织毛衣)   薄薄 voir 1.13

24 冰窟    bīngkū  glacière, entrepôt réfrigéré

25 哧溜    chīliū  glisser très vite (avec un bruit 哧chī)

26 草草    cǎocǎo  très vite  裹guó  roule, plier  短袖(衫)duǎnxiù(shān) T-shirt à manches courtes

27 一次性地 yícìxìngde  en une (seule) fois

28 有分寸  yǒufēncùn  avec mesure, tact

29 抿嘴     mǐnzuǐ  fermer légèrement, pincer la bouche  执著gùzhí obstiné, têtu

30 登陆    shàng’an  débarquer, mettre pied à terre / au fig. : se retirer des affaires, cesser une activité

31 低落身价 jiàngdī shēnjià  baisser de statut, de rang social (jeu de mot ironique sur 身价shēnjià : ici c’est littéralement le prix demandé pour son corps)

32 不愁    bùchóu  ne pas avoir à se préoccuper de, à se faire du souci pour

33 纯熟 shúliàn  être passé maître dans une technique, qualifié

34 看不外去 kànbúguòqù  ne pas supporter, ne plus y tenir

35 装死 zhuāngsǐ  faire le mort

36 咽      yàn  avaler

37 快餐    kuàicān  repas rapide (ce qu’on appelle 盒式快餐héshì kuàicān riz avec deux ou trois légumes, dans une boîte 盒hé)

38 舍不得  shěbude ne pas se résoudre à

39 花力量  huālìqi  se donner du mal, faire beaucoup d’efforts

40 笑眯眯  xiàomīmī  être tout sourire

41 一肚子  yídùzi  être plein de (en général négatif : de colère, de ressentiment, etc… ici contraste)

42 丫头    yātou  (petite) fille

43 挂不住  guàbuzhù  (dial.) ne pas pouvoir cacher ses sentiments

44 骂骂咧咧 màmaliēliē  en termes orduriers     出气chūqì donner libre cours à sa colère

45 叨教    tǎojiào  demander conseil, consulter

46 由不得你 yóubude nǐ  ce n’est pas à toi de décider

47 获咎    dézuì  offenser

 

Traduction (2) :

 

Shunzi n’avait jamais lavé les cheveux à personne avant d’être embauchée par Fang. Elle s’étonna de voir les gens, en ville, payer même pour se faire faire un shampoing. En partant de chez elle, elle avait commencé à pied, puis avait pris le car et enfin le train avant d’arriver à Fuzhou. On disait qu’on gagnait bien sa vie, en ville, alors son père l’y avait envoyée. Leur maison avait trois pièces, mais, l’année précédente, une inondation en avait fait effondrer deux, et les cinq membres de la famille, depuis lors, se tassaient dans celle qui restait. Son père avait fait de longs calculs, sans réussir à voir comment il pourrait

faire réparer la maison, alors, tristement, il avait placé tous ses espoirs en Shunzi, et l’avait envoyée gagner de l’argent pour aider la famille. C’était la première fois que Shunzi quittait les siens ; arrivant à Fuzhou, elle déambula sans savoir où s’adresser pour gagner de l’argent. Alors qu’elle passait devant la boutique de Fang, celle-ci était devant la porte, à croquer des graines de pastèque. Shunzi lui demanda si elle n’avait pas besoin de quelqu’un. Fang la toisa de la tête aux pieds et lui demanda : tu veux venir travailler ? Shunzi opina du chef. Et qu’est-ce que tu sais faire ? demanda
    

 

Fuzhou

 

Fang. Shunzi regarda à l’intérieur de la boutique et, derrière la vitre, vit à plusieurs reprises Aling et Ahua prendre les têtes de leurs clients entre les mains pour les frictionner. Je sais prendre la tête, dit alors Shunzi. Fang éclata de rire et lui dit : d’accord, je t’embauche.

 

Il n’y avait pas de clients dans la boutique de toute la journée, ce n’est que le soir qu’elle s’animait, les gens arrivant alors par petits groupes de deux ou trois. Sa patronne lui avait montré comment s’y prendre, et, en la voyant faire, Shunzi avait trouvé que ce n’était pas difficile de laver les cheveux, il suffisait de frotter par ci, masser par là, de tout son cœur, et c’était bon. Fang lui avait demandé si elle voulait gagner de l’argent. Oui, dit Shunzi. Tu veux en gagner beaucoup ? demanda Fang. Oui, dit Shunzi. Tu veux en gagner beaucoup beaucoup ? dit encore Fang. Ne comprenant pas, Shunzi hocha la tête, un instant embarrassée, puis répondit : ma maman m’a toujours dit qu’il faut accepter ce que le patron vous donne, on ne peut pas avoir les yeux plus grands que le ventre. Fang lui caressa la tête et lui dit : bon, tu vas commencer, sur les dix yuans que coûte chaque shampoing, je t’en donnerai un.

 

Shunzi était ravie. En été, son père allait travailler pour des propriétaires au moment de la récolte du riz ; pour toute une journée de travail sous un soleil de plomb, on lui donnait cinq yuans. Et elle, sans avoir besoin de sortir affronter les intempéries, en restant au contraire dans l’air conditionné, à simplement frictionner et gratouiller la tête des gens, elle pouvait gagner un yuan, c’était vraiment super. Les jours où il y avait beaucoup de travail, elle pouvait faire huit ou neuf shampoings, et donc se faire huit ou neuf yuans… Bien qu’elle eût un caractère un peu soupe au lait, Shunzi trouvait que sa patronne avait bon

cœur. Comme elle entendait souvent Ahua et Aling la maudire à voix basse, et qu’elle avait du mal à le

comprendre, elle leur dit : Fang nous paie le loyer, et même trois repas par jour, elle a le cœur sur la main. Aling pinça la bouche et lui répondit : pauvre idiote ! Je voudrais bien savoir combien de fric elle se fait sur notre dos !

 

Ahua et Aling étaient des filles du Nord, grandes, la peau d’un blanc nacré, parsemée de taches de rousseur, tandis que Shunzi était petite, maigre et noiraude. […]

 

A la fin du premier mois, Fang lui donna cent quatre vingt cinq yuans. Shunzi, cependant, avait fait ses comptes en secret, et s’attendait à recevoir au total deux cent soixante et un yuans ; mais bon, si la patronne ne lui en donnait que cent quatre vingt cinq, tant pis. Elle reçut son dû dans la matinée, et, dès midi, pensant que son père attendait l’argent, alla à la poste lui envoyer cent cinquante yuans.

Aling lui demanda à quoi pouvaient servir cent cinquante yuans.  Shunzi lui répondit que, avec cela, sa famille pouvait tenir trois mois. Mais, dit-elle, il faut aussi économiser pour construire une maison.

Et alors, ton argent, dit Ailing, c’est pour construire la maison ?

 

Shunzi savait qu’Ahua et Aling avaient plein d’argent ; elles s’achetaient constamment de nouveau vêtements, dont elles se lassaient en un tournemain, et qu’elles offraient alors à Shunzi. Mais, leur dit celle-ci, je ne veux pas de vos affaires. Ah, dit Aling, trouvant cela bizarre, et tu veux les affaires de qui, alors ?

Je veux mes propres affaires, dit Shunzi.

Alors Aling, se tournant vers Ahua, lui dit en montrant Shunzi : elle est complètement malade, non ?

Si tu le dis, ça doit être vrai, dit Ahua.

 

Shunzi était triste à la pensée qu’Ahua et Aling la regardaient de haut. Evidemment, ce n’était pas étonnant, elles étaient bien plus belles, et bien plus à la mode. Minbei n’est pas tellement loin de Fuzhou, alors qu’Ahua et Aling, elles, venaient de plusieurs milliers de kilomètres, mais on avait l’impression que

c’était Shunzi qui n’était pas de la province. C’est super que tu sois là, dit-elle à Dezai, vraiment super ! Dezai, s’étirant paresseusement, lui dit en partant : je suis crevé, c’est vraiment une vie de chien. Dezai, lui cria Shunzi. Il s’arrêta, se retourna et lui demanda : qu’est-ce qu’il y a ? Shunzi eut beau chercher, elle ne se souvint plus du tout de ce qu’elle voulait dire, alors elle eut un petit rire.

 

L’année touchait à sa fin, mais le temps, à Fuzhou, était étonnant, il faisait une chaleur de début

d’automne ; avec un pull léger on était assez couvert. Et puis brusquement, il se mit à faire froid, tellement froid, même, que le ciel et la terre semblaient une vaste glacière, parcourus par un vent qui, glissant tel un serpent, s’insinuait en sifflant jusqu’à la moelle des os. Quand Shunzi était partie de chez elle, c’était l’été, elle n’avait emporté qu’un minuscule sac dans lequel elle avait plié en vitesse deux t-shirts à manches courtes. Le froid venu, il ne lui restait plus qu’à aller au marché de nuit s’acheter des vêtements d’hiver ; elle n’acheta cependant pas tout en une fois, mais une chose après l’autre, au fur et à mesure que le temps se refroidissait, comme si elle cédait peu à peu aux pressions du temps, en reculant pas à pas. De toutes façons, lui dit Fang, il faut que tu l’achètes, tu ferais mieux de le faire une bonne fois pour toutes, cela t’éviterait d’aller te geler à courir au marché comme ça. Mais Shunzi lui dit en secouant la tête : je n’ai pas l’argent.

 

Appuyée contre le dossier de sa chaise, Fang balançait doucement les jambes. Elle était seule dans la boutique avec Shunzi, Ahua et Aling étaient sorties avec des clients. Elles aimaient bien sortir ainsi, on leur payait à manger, c’était distrayant et elles se faisaient pas mal d’argent. Shunzi, dit Fang, est-ce que tu envies Ahua et Aling ?

Pas du tout, répondit Shunzi.

Tu dois reconnaître qu’elles vivent très bien, dit Fang.

Moi je ne trouve pas ça bien, dit Shunzi.

Qu’est-ce qui n’est pas bien ? demanda Fang.

Ce n’est pas bien, c’est tout, dit Shunzi.

Moi, dit Fang, je traite tout le monde avec égards, je ne force personne à faire ce qu’il n’a pas envie de faire. Mais quand même, quand on est une femme, on a la possibilité de gagner de l’argent, faut être idiote pour ne pas le faire.

Shunzi pinça la bouche d’un air buté et se dit en elle-même : non, je ne suis pas idiote.

 

Shunzi avait entendu dire que Fang, dans le passé, avait fait comme Ahua et Aling. Elle avait vendu ses charmes pendant plusieurs années, et gagné pas mal d’argent, ce qui lui avait permis d’ouvrir son salon de coiffure et de devenir patronne. Elle ne s’était cependant pas encore totalement retirée du circuit, si quelqu’un venait lui proposer suffisamment d’argent, elle acceptait. Mais elle avait maintenant trente ans et des rides, alors les hommes prêts à lui payer une bonne somme n’étaient plus nombreux ; comme elle n’était pas décidée à baisser ses prix, alors tant pis. De toutes façons, les filles, ça courait les rues, et Fang, pour sa part, n’avait pas de soucis financiers. Il y avait cependant une exception, c’était le patron Cai, elle sortait quelquefois avec lui, ou l’invitait dans sa chambre ; on disait qu’il ne lui donnait pas beaucoup

d’argent, c’était plutôt Fang qui lui achetait des cadeaux, une chose un jour, une autre chose le lendemain.

 

Pour chaque shampoing, Ahua et Aling touchaient trois yuans ; au bout de trois mois, comme Shunzi avait acquis une certaine expertise, Fang lui dit qu’elle méritait la même chose, elle le dit et le répéta, mais ne lui donna rien de plus. Ahua ne put s’empêcher de dire à Shunzi : il faut que tu le réclames, si tu ne dis rien, elle va faire celle qui n’y pense pas. Cette histoire rendit Shunzi très mal à l’aise, elle aurait bien aimé gagner plus d’argent, beaucoup plus d’argent, pour pouvoir en envoyer beaucoup plus chez elle, mais elle avait l’impression que discuter d’argent lui brûlerait la langue, chaque fois qu’elle avait les mots prêts au bord des lèvres, elle avait aussitôt un sentiment de brûlure, et elle les ravalait très vite.

 

Toi alors, lui dit Dezai, tu te fais avoir, et tu restes là sans broncher ! Les patrons sont des voleurs, si tu ne te bats pas, ils ne te feront pas de cadeau.

Shunzi le regarda et se dit qu’il était en colère. Ce n’était pas souvent, mais il n’était pas souvent content non plus. Tous les jours, il avait des vêtements sales et le visage noir. Sur les trois repas de la journée, il en prenait deux sur le chantier, une simple gamelle de riz avec deux ou trois légumes prise sur le pouce, et il sautait le troisième repas, le soir, pour économiser. Il faisait énormément  pitié à Shunzi, elle trouvait qu’il était plus à plaindre qu’elle ; elle, en comparaison, mangeait bien, avait une bonne chambre, et, qui plus est, ne se fatiguait pas beaucoup, donc, si elle gagnait moins, ça s’expliquait ; alors, tant pis, elle préférait ne rien dire, autrement Fang ne serait pas contente. Sur quoi elle n’y pensa plus. Elle n’était pas comme Dezai, elle, elle était tout sourire toute la journée, on n’aurait dit qu’elle débordait de joie, et que ses réserves de gaieté étaient sans limites.

 

Quelques clients demandèrent spécifiquement que ce soit Shunzi qui leur lavât les cheveux : cette gamine est adorable, dirent-ils. Cai lui aussi préférait Shunzi. Auparavant, c’était toujours Fang qui lui faisait ses shampoings, mais, un jour qu’elle était occupée avec un autre client, Shunzi l’avait remplacée, après quoi Cai avait dit qu’il ne voulait plus qu’elle pour lui laver les cheveux.

 

Fang n’avait rien dit, mais son visage parlait pour elle, et, une fois Cai parti, elle était sortie de ses gonds et s’était répandue en injures. Shunzi, au début, n’y avait rien compris, et s’était demandée ce qu’elle avait fait de mal. Le soir, une fois couchée, au moment de s’endormir, elle demanda des explications à Aling : Aling, dit-elle, qu’est-ce qui s’est passé, avec Fang ?

Tu ne comprends vraiment pas, dit-elle, ou tu fais semblant ?

Non, répondit sincèrement Shunzi, je ne comprends vraiment pas.

C’est que, dit Ailing, la mère cane se cherche un nid, et elle a peur que tu viennes t’y fourrer, idiote !

 

Shunzi comprenait encore moins, mais, en voyant l’air excédé d’Aling, elle ne dit plus rien et réfléchit toute seule en tournant et retournant les paroles dans sa tête. Le lendemain, elle avait très vaguement deviné ce dont il était question ; alors elle dit à Fang : à l’avenir, je ne laverai plus les cheveux du patron Cai. Fang, un sourire crispé au coin des lèvres, lui répliqua que ce n’était pas à elle de décider, mais au patron Cai.

 

En y réfléchissant, tête baissée, Shunzi reconnut que c’était bien vrai : si le patron Cai lui demandait de lui laver les cheveux, comment ne pas le faire ? C’était lui qui payait, il était le client, Fang elle-même avait bien dit que le client était roi, qu’on pouvait offenser autant de générations d’ancêtres qu’on voulait, mais pas un client.

 

 

    三

 

    蔡店主胖胖的,脖子曾经粗得找不到了,肚子也顶出老远1。这类容貌的汉子顺子从前在故乡简直从没有见到过,她从前见到的汉子都跟她父亲差未几,瘦瘦的,焦黑焦黑的2,一层皮后那是一堆凹凹凸凸3的骨头了,并且身材的崛起局部3也跟蔡店主彻底相反,都是背面弯进来了,肚子却往里抠出一条硬绑绑的弧线4??床怀霾痰曛髦站坑屑杆炅?,不外未必比芳姐大,芳姐偶然会撒娇5,靠在他身上哥长哥短地叫着6。蔡店主一伸手摸摸芳姐的屁股,算是答复了。

 

    蔡店主喜爱摸屁股,阿华阿玲的他也摸。他的手如同是个活络度很高的开关7,一碰着那三副圆滔滔的屁股上,立刻就有一大堆的笑乱轰轰8地回声而起。顺子刚开端想不明确这有甚么可笑的,屁股又不是夹肢窝9。她有次试了试,手日后转去,用五个指头挠挠本人10,隔着裙子和短裤,只感觉仿佛有几条虫子爬过,一点也欠好笑,只要不舒适。

 

    蔡店主从前是不会摸顺子屁股的,仿佛有谁下了号令似的,来店里的主人都不摸顺子。然而,比来有了一些变迁,顺子给蔡店主停止头部推拿时,冷不丁11会感觉腿上某块肉一紧,又疾速一松,如同是不当心碰着了电源,电击穿梭那块肉,顺着血液凉飕飕地伸张开12,让她满身的毛孔齐刷刷13立起来,好像一片密不见天的树林。蔡店主此时贼头贼脑的像一只螃蟹14,但这只螃蟹闭着眼,好像正纵情享用着推拿的高兴15。顺子从镜子中望望那张煞有介事的脸16,简直开端置信是本人发生了错觉,这时,蔡店主的大拇指与食指又到达17她腿上某一块肉了。

    芳姐把这所有都看到眼里。

 

芳姐仍是装出有说有笑的模样,但她仅仅对蔡店主谈笑,对顺子却不说也不笑。顺子有一种很欠好的预见,固然这预见很恍忽18,还帽┩烬伸手去抓,就曾经飘走了。若是顺子是阿华或许阿玲,她确定不会天真烂漫地站在那边,任由人家把网布好,把刀磨好。...  

 

芳姐领来一个汉子,芳姐说,他叫辉哥。

 

    辉哥个子很矮,看上去像顺子同样还没发育似的19。但辉哥的脸与顺子纷歧样,顺子脸像苹果同样润滑,闪着喷香的光芒20,辉哥却涩涩的有着一道道细细的皱纹,并且很惨白,像是几年帽Ш摭一顿饭了。

    芳姐叫顺子给辉哥斟茶。又叫顺子给辉哥洗头。再叫顺子你陪辉哥外出玩玩吧。

 

    顺子全部人忽然被邪术定住了22,愣在那边一动不动。芳姐脸有些丢脸了,她过去推顺子。顺子被她推醒了,也不知那里来的力量,大吼了一声:我不去!

    芳姐说,不去你在这里就呆不下去了23。

    顺子说,呆不下去就呆不下去!

 

    火车从闽北动身,还未达到福州之前,坐在火车上的顺子对男女之事真的还非常不分明。她当时感觉汉子和姑娘不过24是分类相同而已,区分只在于汉子站着小便25,姑娘蹲着小便。就仿佛稻子与麦子,收获,扬花,抽穗26,割下,吃掉,实在都是各干各的,互相间27并无几多联系。进了芳姐这个店后,顺子却看到稻子和麦子相互绞在一同 [...]。

 

    [从店里进去,顺着河滨走几十米,再往一个巷子拐进29十几米,那是蔡店主的工地了。工地上一层层搭着竹架子30,外面布着一圈尼龙网,仿佛外头包着甚么不想让人家看到的机密似的。顺子想,我不是来看甚么机密的,这屋子跟我一点都没有联系,再大的机密又怎样呢?我仅仅来……顺子蓦地一怔31,她的双脚下认识迈过去的32,她到这里来干甚么?找蔡店主?不是,那末那是找德仔了。

 

    工地吊颈着灯,叮当叮本地传出挑砖砌瓦的声响33。德仔还未放工,顺子决议留住来,留在暗影中等德仔。能希望德仔甚么呢?不清楚。归正她只好找德仔了,没有其余人可找。比方说她如今正在水中,水快淹过甚顶了,她扑腾扑腾着34,只看到一根稻草,她固然就只好伸脱手,将稻草一把捉住了。

    然而德仔不肯意当稻草。德仔从眼前通过时,顺子往外一跳,叫道:德仔!德仔被吓得日后猛退几步,声响都寒战了35,他说,你,你精神病??!

 

    顺子忽然把这个局面与小时分玩的捉鬼游戏36联络起来,不觉乐了37,咯咯笑起。德仔更痛苦了,他瞪过一眼,眼白在暗中中像两道磷火一闪38。你到这里来干甚么?德仔声响很大,不清楚是否是倒置过去39,他以为本人见到鬼了。顺子原本还在笑,被他一喝,一会儿醒转了。她说,德仔,我想跟你说几句话。

    德仔说,我困了40,累死了。

    顺子说,就几句话,求你听听。

 

    仔细算起来,顺子也读到小学五年级,但这时间她昨天要砍柴41不去上学,来日诰日要放牛不克不及去上学,总之她坐进课堂的时刻长短常有限的42,因而她的文明也十分有限,一般的状况下,写五个字中,若是只呈现三个错别字,就算她超程度施展了43。至于谈话,几乎比写字更不如,她往往很难一会儿就让词达意起来44。

    德仔听来听去没听明确,他问,你钱挣够了,筹算脱胎换骨了?

    顺子说,你怎样谩骂了?

    德仔说,我骂你甚么了?

    顺子说,你骂我是鸡。

    德仔说,你莫非不是鸡?

    顺子说,我不是。

    德仔说,那你是甚么?

    顺子说,我是顺子。

    德仔嘲笑一下,说,那还纷歧样?

    顺子说,固然纷歧样,我是顺子,我跟她们纷歧样。

    德仔说,纷歧样也是鸡。你挣钱比我干脆,我如果女的也去做鸡。

    顺子踌躇了两步,忽然往下一蹲,头搁在膝盖上45,高声哭起来。

 

    德仔挺不测的,挠犯难10摆布看看。路上悄然默默的没有一小我,沿河分列站立的樟树悉卒响着46,有叶子东一片西一片地落下。德仔说,起来,快归去,跟鬼哭似的,我昨天早晨都被你吓死了。顺子不起来,哭得更高声。左近有住户被惊醒47,翻开窗四下观望。德仔说,你走不走?你不走我可要走了。

    顺子仍是不动。德仔犹疑了会儿,跺一下脚48,而后转了身,很快地走掉。

 

顺子昂首看看,见德仔真的走了,就收了声49。真奇异,方才她不断想忍住50,她基本不想在德仔眼前哭,但是越忍竟越悲伤,五脏六腑50仿佛竞赛似地争着弄出欣喜若狂的模样51。谁知德仔一走,它们就一会儿跑到了尽头,宣告竞赛完毕。顺子站起来,感觉本人该当干吗,却想不要出干吗,便一步一步慢吞吞地往关尾街走去。]

 

    阿华阿玲被主人带走了,还没回去,芳姐关着门,不清楚有无人在外头。从楼梯间通过时,顺子成心把脚踩得卟卟响52。这个没良知的德仔53!这个坏蛋德仔53!她嘴里嘟噜着54,一路上骂骂咧咧,但一躺上床,她就把德仔丢到脑后,闭上眼,很快就睡得昏天黑地了。

 

    第二天顺子是被芳姐唤醒的,芳姐倚在门上,双手穿插在胸前55斜眼看她。外面的太阳曾经很大了,透过窗子照得满屋都是。顺子瞥一眼桌上的囊恢钟,曾经十一点了,她一挺身从床上滑上去。芳姐说,你还挺会受罪的嘛56。

    顺子搓搓眼57,见阿华阿玲的床铺仍是老模样,她们昨日晚上都没回去,昨日晚上……顺子有点回过神来了,回身开端拾掇本人的货色。芳姐说,你要干吗?顺子说,你不是不让我在店里了吗?

    芳姐渐渐走过去,脸上有些很丢脸的笑。如今你不克不及走了,芳姐说,你还得在我店里干下去。

    为何?顺子迷惑地看着她。

叫你干下去你就干下去!芳姐吼起来。

 

Vocabulaire (3) :

 

01 肚子顶出老远  dùzi dǐngchū lǎoyuǎn  avoir le ventre proéminent, protubérant

02 焦黑   jiāohēi  noir comme du charbon (brûlé par le soleil)

03 凹凸   āotū  plein de creux et de bosses, inégal       崛起tūqǐ  surgir, s’élever/se détacher

04 抠出   kōuchū  creuser/graver, ciseler  弧线húxiàn corde d’un arc 硬绑绑yìngbǎngbǎng bien tendu

05 撒娇   sājiāo minauder, faire la coquette

06 哥长哥短地叫 gēchuán gēduǎnde jiào  appeler gentiment : frère par ci, frère par là

07 活络度língmǐndù  degré de sensibilité d’un instrument de mesure, en particulier du courant électrique

开关   kāiguān  interrupteur, commutateur

08 笑乱轰轰 xiàoluàn hōnghōng  des explosions de rires (de tous côtés, en désordre)

09 夹肢窝gēzhīwō  aisselle   (胳肢gézhi chatouiller)

10 挠  náo  gratter

11 冷不丁lěngbufáng  à l’improviste, inopinément

12 伸张(开) mànyán(kāi)  se répandre

13 毛孔  máokǒng  pore (de la peau)  齐刷刷qíshuāshuā uniforme, égal

14 贼头贼脑 zéitóuzéinǎo  agir furtivement, à la dérobée 螃蟹 pángxié  crabe (furtif car marche de travers)

15 纵情享用 jìnqíng xiǎngshòu  jouir à plein de quelque chose  高兴xǐyuè  joie

16 煞有介事 ruòwúqíshì  l’air de rien, comme si de rien n’était

17 大拇指dàmuzhǐ  pouce  食指shízhǐ  index 到达dǐdá atteindre

18 恍忽  huǎnghū  vague, confus

19 发育 fāyù se développer, mûrir

20 润滑/光芒  guānghuá/guāngzé   lisse / brillant  喷香pènxiāng  qui exhale un parfum délicieux

21 涩涩 sèsè  âpre, d’une saveur âcre

22 邪术 mófǎ  magie   定住dìngzhù  stopper, figer

23 呆不下去 dāibúxiàqù  ne pas pouvoir rester

24 不过  wúfēi  simplement    而已 bàle  et c’est tout

25 小便  xiǎobiàn  uriner

26收获  bōzhòng semer   扬花yánghuā   être en floraison (céréales)  抽穗chōusuì  monter en épi

27 互相间bǐcǐjiān  entre ces choses-là 

28 吼叫  hūxiào siffler

29 拐进  guǎijìn  tourner dans (rue)

30 搭竹架子dā zhújiàzi  dresser, installer des échafaudages de bambou

31 蓦地一怔měngrán yīzhèng  être subitement frappé de stupeur

32 下认识 xiàyìshí  inconscient  迈过去 màiguòlái avancer (pas à pas)

33 挑砖砌瓦tiāozhuānqìwǎ  apporter des briques et poser des tuiles

34 扑腾   pūteng  s’agiter, se débattre

35 寒战  duōsuō  trembler

36 捉鬼游戏 zhuōguǐ yóuxi  jeu « attraper un fantôme » (un spectre)

37 不觉  bùjué  sans le vouloir, malgré soi

38 磷火  guǐhuǒ  appellation populaire pour 鬼火línhuǒ feu follet

39 倒置  diāndǎo  mettre à l’envers, sens dessus dessous, renverser

40 困    kùn  ici : avoir sommeil

41 砍柴  kǎnchái  couper du bois

42 有限的yǒuxiànde  limité

43 超程度施展chāoshuǐpíng fāhuī  faire mieux qu’à l’habitude, que la moyenne

44 让词达意 ràngcídáyì  trouver ses mots, arriver à s’exprimer

45 搁在  gē zài  poser, placer sur              膝盖xīgài genou

46 分列  páiliè ranger, disposer  樟树zhāngshù  camphrier  悉卒xīzú  onomatopée

47 住户 zhùhù  résident local   被惊醒bèichǎoxǐng  réveillé par le bruit 

48顿脚 duòjiǎo  taper du pied, trépigner

49 收声 shōushēng  litt. : arrêter le bruit  (收shōu = ranger quand on a terminé + terminer)

50 忍住 rěnzhù supporter / retenir ses larmes

51五脏六腑 wǔzàngliùfǔ  les organes internes

51 欣喜若狂 bēitòngyùjué  avoir envie de pleurer toutes les larmes de son corps (暗自哀痛)

52 卟卟  bǔbǔ  onomatopée

53 没良知  méiliángxin  qui n’a pas de conscience = sans cœur, ingrat  坏蛋 huàidàn  crapule, salaud..

54 嘟噜 dūlu  ici = 嘟囔dūnang : 嘴里嘟噜zuǐlǐ dūlu  marmonner dans sa barbe

55 穿插  jiāochā  (se) croiser

56 受罪 xiǎngfú  profiter de la vie, se la couler douce

57 搓眼 cuōyǎn  se frotter les yeux

 

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